Betrand Belin : sous le costume, le jeans

26 sept 2011    

Élégant, un brin fou sur scène et l’air serein : tel apparaît . De passage aux , le français s’est donné, sa batteuse s’est illustrée et ses musiciens ne sont pas passés inaperçus. Au menu : une petite révolution dans la chanson française, des arrangements soignés et déglingués, une diction au compte-goutte et une voix grave(ment) addictive.

Avec pour dénominateurs communs le temps et l’espace, les récits narrés par se révèlent à son public touche par touche, comme des tableaux pointillistes. Mais son verbe est fait d’ellipse ; ne dit pas tout. Au public de prendre le relais avec son imagination. A prime abord tranquille quand on écoute son album, révèle vite sur scène la « bête » que son visage candide hiberne. Gestuelle électrique ponctuée de soubresauts, folk maîtrisée tout autant que névrosée, c’est aussi sous le costume, le jeans. L’univers de son dernier album «  » est intrigant et inquiétant, transperçant et puissant, doux et fou : terriblement poétique. On retiendra l’aventure périlleuse de ses mots, qui révèlent leur force et faiblesse, en même temps que leurs multiples possibles. En témoigne, « La chaleur » :

« Qui
Qui peut
Qui peut me dire
Qui peut me dire
Que devient
Le pays
Le paysage
Quand le jour touche
A sa toute petite fin
Que devient

La chaleur
L’ancienne chaleur
Qui accablait les chevaux
(…) »

On saluera son univers de clairs-obscurs, son éclairagiste opportun, sa batteuse-choriste et ses adresses au public. On retiendra la force des mots, comme leçon de cet album. On rêvera d’une collaboration Belin-Lautomne et d’un concert dans la forêt, dans l’«  ».

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A propos de l'auteur:

Journaliste indépendante, Voix-off. Site internet: www.jessicadasilva.ch

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