Découverte: Dans la tente

01 oct 2011    

Contrairement aux apparences, n’est pas un groupe franchouillard pour faire danser dans les campings, et ce n’est pas exactement le type de musique que vous passeriez pour prendre l’apéro au bord de la piscine avec votre nouvel ami Dédé après une petite pétanque. C’est un groupe , qui comme d’autres en Suisse allemande semble trouver que le français, quand même, ça sonne classe. On peut citer par exemple l’autre groupe , qui s’avèrent être des amis à eux, la rappeuse bernoise qui marche très fort outre Sarine, ou pour ceux qui préfèrent bien rigoler qu’écouter de la bonne musique, les chansons en français de .

, les plus attentifs les ont peut-être découverts bien avant que j’en parle, puisqu’ils sont actifs depuis quelques années déjà et ont joué plusieurs fois en Suisse Romande, la dernière au cet été. Ce qui en fait une découverte cette semaine, c’est l’arrivée il y a quelques jours de leur premier album, ?, un titre à tiroirs pour un album qui suit un premier EP, Knights, en 2009 et un 45 tour, en 2010.

Mais que fait donc notre groupe suisse-allemand au nom français qui chante en anglais ? Eh bien comme je le disais, de la musique qui ne fait pas trop tube de l’été. Entre post-punk et , les chansons sorties avant cet album faisaient volontiers penser à , , The Cure période Seventeen Seconds ou . Bref, on nage dans la bonne humeur, et surtout dans la première moitié des années 80.

Et si vous avez déjà été dans une tente des années 80, vous savez sans doute comme on était loin de la tente Quechua qui se déplie toute seule. On ne pouvait pas juste ouvrir la housse, saisir sa tente et la jeter au loin négligemment d’un geste ample et désinvolte avant de se poser comme une grosse feignasse. Non. Il fallait en chier un minimum. Rassembler vos piquets, mettre bout à bout des tiges métalliques, dénouer les mètres de cordage que vous aviez à tendre jusqu’à vos sardines, plantées à la sueur de votre front dans un sol rocailleux, bref, toute une série de manœuvres pour ne pas se retrouver comme une bille sous la pluie dans votre sac de couchage. Eh bien , c’est un peu ça. Plus que juste des notes de musique jetées vite fait au bord du feu de camp. De toutes façons, il n’ont pas franchement une tête à faire des feux de camp.

Vous aurez saisi la métaphore, leur musique est parfois compliquée.  Ou plutôt, torturée, avec une vraie âme. Comme ils le disent eux-mêmes, ils font de la musique pour ceux qui ont le cœur plein d’ivresse, et pas pour ceux qui viendraient les voir pour danser ivres le ventre plein de bière.

Pour ce nouvel album, le groupe garde son côté coldwave et ses batteries ultra carrées presque mécaniques, mais avec souvent des accents post- à la par exemple. Résultat, un album réussi, cohérent, intelligent et que je ne saurais trop conseiller.

Si vous voulez voir Dans la tente en concert en Suisse romande, ils seront à l’ d’Yverdon le 25 octobre prochain. Plusieurs dates en Suisse allemande sont programmées d’ici la fin de l’année également, que vous trouverez sur leur site, www.danslatente.com et sur leurs pages sur les réseaux sociaux. Et si c’est trop loin pour vous, que faire, dans l’attente d’un prochain concert dans la région ? – Oui, je DEVAIS faire cette blague, ce n’était pas une option – Que faire donc, disais-je, eh bien vous pouvez vous procurer ce nouvel album sur iTunes et d’autres plateformes de téléchargement, et probablement, comme dit la formule, chez tous les bons disquaires. ? est sorti sur le label , qui propose par ailleurs un catalogue intéressant dans lequel je pourrais bien piocher à nouveau pour une prochaine chronique.

Découverte Azimut, Emissions

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