Odyssée de l’industrie musicale #3 – La quête des instruments

09 oct 2011    

La semaine dernière, les cinq collégiens s’étaient enfin mis d’accord sur le nom de leur groupe. Mais pour l’instant, tout n’était qu’irréel, et ils étaient pressés de se mettre au travail!

Les avaient besoin de nouveaux de , puisque ceux avec lesquels ils jouaient normalement appartenaient au collège. Il n’y avait qu’Arthur qui possédait son violon…
Heureusement, son papa, qui était très riche, leur avait fait un immense cadeau ! Il allait offrir à chacun un nouvel instrument.
Mais une fois arrivés dans le magasin de , Charlotte, Léon, Eugénie et Jeremy ne savaient pas quoi choisir. Des par milliers, tous plus beaux les uns que les autres, étaient accrochés au mur. «Hé, regarde cette guitare !», dit Léon, alors que Jeremy s’approchait des batteries. Eugénie était pétrifiée : elle n’y connaissait absolument rien.
Et Charlotte devait choisir le idéal, celui qui magnifierait sa voix et qui lui donnerait enfin la place qu’elle mérite dans le groupe.

Heureusement, Stéphane , propriétaire du magasin de à , était là pour les aider…

Alors, quelle est la toute première étape indispensable quand on achète des ?

«Il y a deux façons de voir la chose : soit on est un groupe mobile et on achète des  instruments avec une puissance relativement petite et du matériel très compact, et on monte sur des scènes où la sono est déjà en place. Mais si le groupe souhaite être totalement indépendant, il va devoir s’équiper de matériel un petit peu plus puissant, et évidemment d’une sono qui va avec.»

Oui, d’accord, mais là, ils veulent des instruments ! Qu’est-ce qu’il leur faut à ces cinq musiciens débutants ?

«Suivant les styles musicaux, , Gibson, Schecter… pour des  budgets plus restreints… Mais on reste en général dans les grandes marques.»

Ah ouais, super ! Mais bon, au niveau du budget ça doit être élevé non ? Hé bien, d’après Stéphane , on trouve de tout…

«Prenons un exemple chez Gibson, la marque américaine qui est faite aux Etats-Unis. Les prix ont beaucoup baissé, mais pour une guitare Gibson Les Paul standard on va partir sur un budget de 2900 CHF à peu près. Si on prend la sous-marque de Gibson, qui est et qui est fabriquée en Asie, on a une copie conforme de la Les Paul pour un budget d’à peu près 800 CHF.»

D’accord, mais ça c’est pour une guitare, et Eugénie aimerait bien connaître les prix pour une basse…

«Pour une basse on a par exemple la Precision ou la Jazz Bass, qui est toujours une bonne référence. C’est un modèle américain qui coûte environ 1800 CHF. Pour un modèle Squire, qui est la sous-marque de , on parle d’un budget qui va de 400 CHF à 700 CHF à peu près.»

Eugénie et Léon ont choisis leur instrument. Mais ils leur manquent encore des amplis !

«Pour les guitares, on est dans des budgets de 500 CHF à 600 CHF pour quelqu’un qui souhaite investir dans du matériel correct mais sans une ambition énorme, et ensuite on double la mise pour le guitariste qui s’estime partir dans une carrière professionnelle, donc là on est dans les 1500 CHF, 2000 CHF, 3000 CHF et plus ! Et pour l’ampli basse, c’est à peu près les mêmes prix que pour l’ampli guitare.»

Mais il faut pas oublier la batterie, la véritable colonne vertébrale de chaque morceau ! Jérémy se demande bien combien ça peut coûter…

«On a des premiers budgets, pour une batterie correcte, à 1500 CHF. Pour une batterie professionnelle on parle d’un prix de 3000 CHF.»

Et voilà, nos musiciens sont parés avec leur instrument. Mais, attendez, on aurait pas oublié Charlotte, la chanteuse diva du groupe ?

«Alors la chanteuse, un bon ! Donc là, même si c’est pour un local de répétition avec des sorties occasionnelles sur , on parle quand même d’une bonne référence de . Il y a plusieurs marques sur le marché, comme , , Shure, Electro-Voice, Audix… et là les budgets tournent autour des 200 CHF pour un micro dynamique. Et pour un micro à condensateur, qui est plus fin et qui nécessite une alimentation spécifique, c’est un budget plus proche des 300 CHF à 400 CHF.»

Notre groupe est enfin armé du meilleur des instruments. Ah mais non, pas tout de suite ! Stephane précise encore quelque chose de crucial !

«Ensuite tout ça doit se connecter sur une sono, et là pour deux fois 150W à deux fois 200W, on trouve des premiers budgets de sono à environ 1200 CHF. Et si on souhaite avoir vraiment du gros et du lourd, et qu’on a une petite camionnette à disposition et qu’on peut déplacer du volume de matériel, là une bonne sono, qui permet de faire des devant 300 à 500 personnes, c’est un budget en gros de 3000 CHF à 5000 CHF.»

Et surtout, il ne faut pas oublier que le chanteur ou la chanteuse a besoin d’avoir des retours, dont le prix est relativement conséquent. Imaginez un peu le drame si le jour du concert on s’aperçoit qu’elle chante totalement faux…!
Mais avant la , les stades et les tournées mondiales, les aimeraient pouvoir enregistrer quelques morceaux. Comment on fait ?

«Beaucoup de gens travaillent actuellement sur Mac ou PC, donc si on veut pas se détacher de ce moyen d’enregistrement, il faudrait idéalement une bonne carte son. La carte son nécessaire pour enregistrer un groupe de façon confortable a besoin d’au minimum huit entrées, et là ce sont des budgets qui sont assez conséquents. On a des prix qui vont de 700 CHF à plus de 1000 CHF, pour une carte son équipée comme celle-ci.
Si on parle d’une petite carte son à deux entrées, et que le groupe va travailler par l’intermédiaire d’une table de mixage et faire du multi-piste, du tracking, c’est à dire que le batteur va jouer tout seul, ensuite le bassiste, puis le guitariste et on procède par étapes, le prix des premières cartes son à deux entrées vont osciller entre 250 CHF à 300 CHF.
L’autre formule, c’est de partir sur un numérique, indépendant de l’ordinateur. Qui pourrait par la suite être connecté dessus, mais qui est une machine qui permet de connecter jusqu’à huit pistes simultanément sur un disque dur interne.»

D’accord, et ça coûte combien cette merveille ?

«Une première machine de ce type va coûter environ 700 CHF, et va permettre d’enregistrer huit pistes d’un coup, avec tout ce qu’il faut pour alimenter les micros à condensateurs et qui est équipée d’effets et d’outils de mastering, ce qui permet d’enregistrer son CD de A à Z par l’intermédiaire de ce petit numérique.»

Ah oui, quand même… Mais est-ce qu’il faut impérativement acheter du matériel neuf ?

«On vend pas mal d’, et une bonne occasion d’une bonne marque est toujours intéressante.»

Et pour cela, on peut essayer directement dans des magasins spécialisés, comme à , mais aussi pourquoi pas tenter sa chance sur Internet ou encore par les petites annonces, que cela soit pour l’achat ou bien la vente !
Mais le marché de l’occasion est à réserver aux instruments de musique. Il faut éviter les amplis, les synthétiseurs et autres appareils électroniques, qui sont particulièrement fragiles et dont on ne connait pas l’histoire personnelle…
Et voilà ! Les sont enfin parés pour affronter le monde cruel de la musique. Ah, pas tout à fait ! La , ce lieu dangereux où les prédateurs sont partout, pourrait mettre en péril la succès du groupe, s’ils ne pensent pas à un certain nombre de choses…

«On arrive sur la scène, il manque trois câbles, il manquent deux adaptateurs pour convertir des câbles jack en câbles XLR etc. C’est bien d’avoir une petite valise prête avec un nombre suffisant de câbles, un nombre suffisant d’adaptateurs, des transfos, des multi-prises etc., tous les accessoires nécessaires pour la scène, et évidemment, du matériel de rechange pour les musiciens, des baguettes, des pots, des jeux de cordes, du matériel d’entretien pour la guitare…»

Et si on casse son instrument, qu’est-ce qu’on peut faire ? C’est plutôt simple : retour au magasin, qui peut envoyer votre instrument ou ampli à un spécialiste pour le réparer, ou bien adressez-vous à un qui peut aussi donner une seconde vie à votre guitare !D’ailleurs, c’est quoi les accidents les plus fréquents qui arrivent à ces pauvres instruments ?

«Des têtes cassées, des simples cordes cassées, des pièces qui manquent, des jacks foutus, des potentiomètres fatigués, et des amplis qui ont brûlés, des amplis qui ont subi la foudre, des amplis qui ont subi des dégâts d’eau, ou des amplis qui montrent juste des signes d’usure normale…»

Mais quelle horreur ! Et vu le budget conséquent de tout ce matériel, raison de plus d’être particulièrement soigneux avec ces nouveaux achats ! D’autant plus que c’est le Papa d’Arthur qui paie tout ça…
D’ailleurs, la semaine dernière, Léon voulait se débarrasser de son ami encombrant… Mais vu la situation, il va falloir trouver un autre moment plus propice. On dirait que les Azimutants ne sont pas ce gentil groupe de collégiens qu’on aimerait qu’ils soient…

La semaine prochaine, les Azimutants partiront dans une quête sans merci. Ils ont enfin un nom, ils ont acheté leurs instruments, mais ils n’ont nulle part où répéter ! Mais que vont-ils devenir ?

Emissions, Odysée de l’industrie musicale

A propos de l'auteur:

Étudiante en sociologie et journaliste, je m'occupe de la chronique "Odyssée de l'industrie musicale". Retrouvez-moi sur http://undergroundsnotes.wordpress.com/

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