Odyssée de l’industrie musicale #4 – Les écoles de musique – AMR

15 oct 2011    

La semaine dernière, les Azimutants étaient enfin devenus un vrai groupe. Ils avaient désormais chacun un bel instrument qui leur appartenait rien qu’à eux. Ils étaient pressés, et voulaient vite trouver un endroit pour jouer ensemble. Sauf qu’il y avait un problème !
Le de musique du collège avait beau être sympa, ils n’étaient pas très doués ! Certes, Léon et Arthur étaient de bons musiciens, mais pour le reste du groupe, c’était une autre histoire !

Eugénie avait découvert qu’une basse n’avait que quatre cordes. Elle avait toujours pensé qu’il y en avait autant que pour une guitare, mais qu’elles étaient simplement un peu plus grosses. Et Jeremy s’était rapidement rendu compte qu’il ne suffisait pas d’un seul rythme pour toutes les chansons. Quant à la belle Charlotte, elle avait beau ne pas douter de son talent, pour l’instant, c’était son pommeau de douche qui profitait de ses vocalises. Et oui ! Qui aurait cru que sous ses airs de diva sûre d’elle, Charlotte avait la voix tremblante en public ?

Bien, retour à l’école pour tout le monde ! Mais cette fois, pas question de retourner mollement au de musique du collège pour amateurs. Non ! S’ils veulent devenir de vraies rockstars, il faudra qu’ils sachent jouer correctement de leurs !

Pour cela, rien de mieux que de prendre des de musique auprès de professionnels. Deux grandes voies s’ouvrent à eux : les privés et les en école de musique.
Et cette semaine, les Azimutants rencontrent , musicien professionnel et enseignant à l’ à , qui leurs parlent un peu de cette institution toute particulière

Au départ c’est une association de musiciens qui a décidé d’essayer de prendre son destin en main, dans la mesure où, c’est à dire en 71-72, il n’y avait rien à . Et donc petit à petit on a organisé des concerts de gens de l’extérieur, pour notre propre culture et plaisir, puis on a commencé à monter des orchestre, on a obtenu des salles de répétitions, mis sur pied des festivals… Nous avons obtenu un centre musical dans les années 80, qui est le «Sud des Alpes» qui se trouve au 10, rue des Alpes. Et maintenant c’est une grande association, c’est presque une institution, qui organise une centaine de concerts dans ses murs par année, à peu près autant de jam sessions, des stages, qui met à disposition des locaux de répétition, pour je ne sais pas combien de dizaines de personnes par jour, et puis qui organise un festival en plein air qui est les , et voilà !

Et en plus d’être une institution aussi variée, l’ a une philosophie originale.

Il y a trois volets essentiels et indissociables du travail de l’ : c’est la diffusion, c’est-à-dire les concerts ; la transmission, à savoir l’enseignement et les ateliers, qui sont des cours en orchestre. Il n’y a pas de cours individuels, ce ne sont que des cours en orchestre constitué. Et puis la gestion du centre musical, qui sert essentiellement à mettre à disposition des structures pour les musiciens, pour qu’ils puissent avancer, travailler et répéter…

D’accord, voilà pour la partie historique. Mais qu’est-ce qui distingue l’AMR des autres écoles de musique ?

A savoir que un, l’AMR n’est pas une école de musique, puisque la partie transmission n’est qu’un seul des trois aspects de son travail. Deux, nous sommes subventionnés, parce que sans subventions, ça tourne pas. Et trois, les modalités de transmission ! Parce qu’on ne travaille qu’en orchestre constitué !

Mais Eugénie a un doute… L’AMR, ça serait pas une école de ?

Le fameux Bill Evans disait : «le n’est pas un style, ce n’est pas un langage, c’est un processus créatif».

D’accord, donc ça veut dire qu’à l’AMR, on ne joue pas que du , mais qu’on adopte son état d’esprit ! Hé oui, ce n’est pas pour rien que l’AMR signifie Association pour l’encouragement de la Musique impRovisée… Mais les . Est-ce qu’ils font tous de l’improvisation ? D’ailleurs, est-ce qu’ils ont un profil particulier ?

Ça n’a pas de rapport avec le profil. Ça a un rapport avec ce que les gens ont dans la tête.  Mais il y a un mode de fonctionnement : on est dans du collectif, on est dans de l’auto-géré, on est dans de l’auto-organisation. C’est à cet endroit-là qu’un éventuel profil… peut se profiler justement !

Ah oui, c’est vraiment un état d’esprit qui lient les membres de l’AMR ! Et les ? Est-ce que EUX, ils ont un profil commun ?

Il y en a pas. Encore moins que pour ceux qui enseignent. Il y a de tout, juste absolument de tout. Tout en terme de classe d’âge, tout en terme de compétence, tout en terme d’envie, tout en terme de projet…!

Ah oui, c’est plutôt varié ! Et sinon, est-ce que l’AMR favorise un instrument particulier ?

Il n’y a pas de cours d’, donc ils sont tous mis en avant, et personne n’est mis en avant ! Il y a les que les gens amènent, c’est tout.

 

C’est donc ouverts à tous les musiciens, autant grands débutants que passionnés ! Et justement, ça représente combien d’heure de travail par semaine la pratique d’un instrument ?

La seule chose qu’on peut dire, et de manière systématique, c’est à peu près comme les calories. Un sportif grille des calories quand il court, mais aussi quand il dort.  Et on apprend quand on travaille, mais aussi dans des périodes où on travaille pas. Pour autant que les périodes de travail soient régulières.

 

Et oui, la musique, c’est pas n’importe quoi ! Pas question de toucher sa guitare ou sa batterie une fois toutes les deux semaines si on espère progresser ! Et sinon, , un dernier conseil pour nos apprentis musiciens ?

L’investissement personnel, c’est la seule clef. Et cet investissement personnel ne doit pas être trop en rapport avec la volonté. Il doit être en rapport avec la détermination, avec l’envie, et la curiosité infinie…

 

Et c’est sur ces belles paroles que les Azimutants quittent , saxophoniste, clarinettiste, flûtiste, et enseignant à l’AMR, à !

Revenons maintenant à notre jeune groupe. Vous rappelez-vous… Il y a quelques semaines de cela, Léon trouvait qu’Arthur n’avait plus sa place dans le groupe. Les Azimutants semblent se diriger plutôt vers le rock, et un violoniste n’a pas vraiment sa place dans ce style.
Mais comment le dire à son ami, et aux autres membres du groupe ? Arthur a pourtant toujours été un des meilleurs amis de Léon, le groupe, c’était son idée, et surtout, c’est son père qui a payé les de chacun…

Et là, Léon a une idée : si Arthur n’a pas sa place comme musicien au sein du groupe, il pourrait tout à fait continuer à en faire partie, mais en faisant autre chose ! Mais quoi donc ? C’est vrai que Léon ne s’est jamais vraiment posé de question quant aux autres métiers de l’industrie musicale…

 

La semaine prochaine, les Azimutants rencontreront Alexis Trembley et Laurent Wyler, professeurs à l’, qui leur présenteront leur école !

Emissions, Odysée de l’industrie musicale

A propos de l'auteur:

Étudiante en sociologie et journaliste, je m'occupe de la chronique "Odyssée de l'industrie musicale". Retrouvez-moi sur http://undergroundsnotes.wordpress.com/

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