Odyssée de l’industrie musicale #5 – Les écoles de musique – EPI

22 oct 2011    

La semaine dernière, les Azimutants avaient rencontré Maurice Magnoni, un professeur de à l’AMR, et cette fois-ci, c’était une autre qu’ils allaient découvrir : L’, ou espace de pratique instrumentale, située à . Mais ils ne savaient pas exactement ce que c’était ! Pour cela, ils sont allés à la rencontre de , coresponsable administratif et pédagogique à l’ et d’, professeur de , qui leur ont raconté l’histoire de l’.

: C’est une association qui a été créée il y a 25 ans. C’est donc un lieu pour transmettre la , pour que les jeunes pratiquent la , en mettant en avant le côté pratique, le faire, plutôt que le côté théorique, l’étude.

Et l’EPI se distingue des autres écoles de de part une méthode d’apprentissage différente…

: Il y a une approche, comparée aux autres écoles, où les enfants sont tout de suite confrontés à jouer en . Ils arrivent sans notions musicales, et tout de suite il doivent jouer des compositions, apprendre à faire des reprises, écouter. Immédiatement, ils testent des instruments, ils font un morceau au clavier, ils peuvent passer à la , ils peuvent changer et aller à la , et découvrir comme ça comment on créer un morceau, comment composer aussi.

Et tout ça directement ? Ou bien il faut savoir lire la d’abord ?

L.W. : Il y a un présupposé pédagogique qui a été mis par les fondateurs de l’EPI, qui disait qu’on peut pratiquer la musique avant d’avoir préalablement des notions théoriques. Je pense qu’il y a certains enfants qui sont pas forcément scolaires, et qui ne bénéficieraient pas d’un enseignement et d’une transmission de la musique de manière scolaire. Donc ce sont des enfants qui n’ont pas envie de faire de solfège, qui ont envie de jouer de la musique, mais sans passer par ce qu’on appelle maintenant la formation musicale de base, dans les conservatoires ou les harmonies.

Et par rapport aux styles de musique, qu’est-ce qu’on joue à l’EPI ?

A.T. : On va dire que c’est plutôt la pop-music, la rock-music, avec tout ce que ça englobe…

Et les profs, qu’est-ce qu’ils ont de particulier ?

 

A.T. : Beaucoup de gens ici ont des groupes, qui tournent pas mal sur la région, donc qui ont une bonne connaissance de tout ce qui est technique de studio ou de la technique live, et c’est ça un peu la force des professeurs ici. Ce sont des gens multi-instrumentistes et qui sont actifs sur la scène suisse.

D’ailleurs, au moment du recrutement, ce ne sont pas tellement les diplômes des professeurs qui importent, mais plutôt leur connaissance de la musique en général. A l’EPI, tous les enseignants maîtrisent plusieurs instruments, et parfois même les techniques de l’enregistrement ! Ici, les profs sont donc polyvalents. Et l’autre aspect absolument crucial pour travailler à l’EPI, c’est d’aimer les jeunes. Certains de leurs professeurs ont d’ailleurs des formations de moniteurs de centre de loisirs !

Et les élèves de l’EPI, ils viennent d’où ?

L.W. : On a plutôt des collégiens, des enfants en classe technique, comme les arts appliqués ou ces écoles de formation professionnelle, mais je dirais, sur le pourcentage d’élève, on a assez peu d’apprentis.

Ce qui plait surtout aux élèves de l’EPI, c’est l’absence de cursus scolaire. Ici, l’élève peut venir avec ses propres idées, et jouer des morceaux qu’il a choisi lui-même. Autre particularité : pas d’examens en fin d’année, pas de paliers à atteindre ni de gammes à maîtriser !

Et justement ces élèves, ils jouent de quoi comme instrument ?

L.W. : Et bien c’est surtout , , , , donc et synthétiseur, , percussions et chant, et puis on a une dizaine d’élèves en actuellement.

Par rapport aux : qu’est-ce qui est le mieux ?

L.W. : Donc idéalement, ça serait d’avoir 1h30 de , un collectif 60 minutes et 30 minutes de individuel.

Vous l’aurez compris, L’EPI met vraiment en avant les en groupe ! Mais au final, les ateliers ne seraient-ils pas plus important que les individuels ?

A.T. : Les deux sont essentiels, mais effectivement dans le côté , ils sont confrontés à plusieurs aspects de la musique. Notamment de jouer avec d’autres gens, d’écouter les autres, de comprendre la composition, de comprendre comment les choses s’emboîtent. Je pense que c’est essentiel de jouer avec d’autres gens.

L.W. : Et puis il y a aussi la notion de la gestion du groupe, des dynamiques entre les personnes, et on sait que dans les groupes c’est toujours une question un peu délicate. Parce que souvent musicalement ça va bien, mais c’est humainement que ça ne va pas. C’est pour ça qu’il y a des grands groupes qui «split», comme on dit !  Il y a des questions d’ego à gérer, qui c’est qui chante, qui c’est qui tire la couverture à lui, il y en a d’autres qui sont plus discrets… En fait, ils découvrent tout de suite tout cet aspect-là de la vie musicale !

Et Les groupes formés à l’EPI, est-ce qu’ils auront un jour un public ?

A.T. : Par année les élèves ont deux concerts à faire, ils ont une audition ici et ils jouent souvent à la fête de la musique, donc ça les met en situation assez réelle. Et ils ont un enregistrement dans une salle qu’on aménage ici, on leur fait un CD avec leurs compositions. Et donc là ils sont en situation professionnelle, comme nous en studio ! Ils ont des micros, ils ont des casques…

Et après l’EPI, que deviennent ces jeunes ?

L.W. : Ils forment des groupes au collège, par exemple dans les options musiques, ils se trouvent un local et souvent ce sont des élèves qui continuent, et tout cas en étant des amateurs éclairés ! Nous, on n’a pas de visée professionnelle de formation. Les jeunes, on leur donne des outils et des moyens de s’approprier la musique, ensuite c’est à eux d’en faire quelque chose. Quelques uns vont choisir d’être musicien, et donc vont au conservatoire, complètent une formation plus poussée et plus théorique, mais il y en a beaucoup qu’on va retrouver sur scène, dans des centres de loisirs, dans des fêtes de quartiers, à la fête de la musique, dans divers événements qui rythment la vie annuelle genevoise !

Tiens, tiens, on dirait l’histoire des Azimutants ! Et enfin, que faut-il savoir quand on a envie de se mettre à la musique ?

L.W. : On reçoit parfois des enfants qui ont un peu le fantasme, ils ont vu à la télévision des , la Nouvelle Star, et autres… Alors, il faut avoir du plaisir, mais en même temps, même dans un aspect ludique, il faut quand même s’investir et avoir une motivation à la base.

Ah, la motivation ! C’est la clé de la réussite… D’ailleurs, en parlant de clé, ça serait pas une bonne idée de trouver un local pour répéter ? Mais non, pas tout de suite, petits impatients ! La semaine prochaine, nous irons à la découverte d’une autre , et celle-là, c’est pas n’importe quoi ! l’ETM, la plus rock’n’roll des écoles de musique genevoise, nous ouvrira ses portes !

Emissions, Odysée de l’industrie musicale

A propos de l'auteur:

Étudiante en sociologie et journaliste, je m'occupe de la chronique "Odyssée de l'industrie musicale". Retrouvez-moi sur http://undergroundsnotes.wordpress.com/

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