Présences Electroniques Genève: Vendredi à l’Alhambra

13 déc 2011    

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Le théâtre cinématographique construit au début des années vingt, accueille pour la deuxième fois l’ du GRM – le Groupe de Recherches Musicales – et de ce fait prend une allure futuriste.

Le public s’installe dans les sièges au milieu des multiples haut-parleurs qui encombrent la salle. La lumière s’éteint, laissant place au son, seul dans toute sa spatialisation.

La première œuvre date de 1970. Composé par Bernard Parmegiani, « L’œil écoute », interprété ici par Christian Zanési, est un véritable chef-d’œuvre visionnaire. Se basant sur les sonorités que l’on peut percevoir dans un train, cette création mélange sons concrets et électroniques avec une logique déroutante, pour nous faire graduellement perdre pied avec le réel.

Place ensuite à Olga Kokcharova qui interprète une création exclusive, spécialement composée pour le lieu. Aux premiers abords, les sons qu’elle utilise n’ont pas subit de modifications, ou très peu. On entend très clairement l’eau clapoter, le feu crépiter. Puis d’autres bruits s’ajoutent et la musique se transforme, se fait synthétique et même stridente.

On a l’impression que la nature rencontre la science puis se fait envahir par cette dernière.

Puis la troisième pièce fait place aux mathématiques. Martin Neukom joue « Studie 18 » plusieurs petites pièces qui prennent enfin toute leurs valeurs grâce à l’. La totalité des sonorités sont synthétiques, étudiées et se construisent dans l’espace sur le phénomène du nombre d’or.

On entend ainsi des mélodies aux rythmes différents – ne semblant n’avoir rien en commun – qui se baladent indépendamment dans la salle mais qui au final, nombre d’or exige, se retrouvent et se superposent.

La deuxième partie démarre en beauté avec Mira Calix qui nous vient avec une création exclusive pour l’ : « I Desire No Commendation ».

La pièce débute calmement avec des voix qui chuchotent et qui chantonnent, comme si on tentait d’invoquer quelque chose. Puis à ces voix se mêlent des sonorités organiques, provenant de la Terre Mère, de la Forêt Primitive et donne un assemblage poétique, plein de rêveries, où l’espèce humaine se mélange avec la nature dans une symbiose parfaite.

Pour terminer, erikm et Fm Einheit arrivent sur scène. Mettant un terme au noir et aux rêverie pour faire place au spectacle visuel.

D’un côté il y a erikm qui triture et maltraite ses platines-disques pour créer des bruits grinçants, suraigus et dérangeants. De l’autre côté, il y a Fm Einheit, ancien percussionniste d’Einstürzende Neubauten, qui frappe sur des ressorts, brise des briques ou mix des pierres à l’aide d’une perceuse et produit des sons industriels surprenants.

On reste abasourdit, voir mal à l’aise devant ce spectacle qui démontre qu’il n’y a aucune limite dans la musique – et la folie.

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