Découverte: Knackeboul
17 chroniques depuis le début de la saison dont 16 artistes alémaniques. Et pourtant pour l’instant, pas un seul ne chantait en Mundart, c’est à dire en dialecte. Il était donc temps pour moi de vous dénicher un artiste hip hop suisse allemand, puisque c’est surtout dans ce style que le dialecte s’épanouit. Celui qui aura la dure tâche de réconcilier vos oreilles avec le suisse allemand s’appelle Knackeboul. Non, nous ne parlerons pas de petites saucisses cocktail industrielles à passer au micro-ondes, ça ce sont des Knacki balls, mais bien de Knackeboul. Évidemment son nom sonne un peu moins bien pour des oreilles francophones que de son côté du pays, mais c’est comme ça, ce soir c’est Mundart, il va falloir vous y faire.
Knackeboul vient de Langenthal, dans le canton de Berne, ce qui ne fait pas rêver, et ne fait pas non plus particulièrement ghetto. Nous ne sommes donc pas dans le hip hop de cité, qui s’appesantit sur la misère sociale et la souffrance qui l’environne… Non, Knackeboul préfère manier l’humour et le jeu de mot. Pour être honnête, je vais avoir du mal à vous dire à quel point ses jeux de mots sont drôles. Malgré un niveau d’allemand correct, ma maîtrise du dialecte laisse gravement à désirer et comprendre l’entier des subtilités m’aurait demander quelques heures d’écoute. Concentrons-nous donc sur la musique, d’autant qu’en parcourant la discographie du bonhomme, j’ai été agréablement surpris par la diversité de son travail et sa capacité à se renouveler d’un album à l’autre. Des morceaux à grosses basses à des choses plus incisives, il varie les plaisirs avec intelligence.
Plus original, Knackeboul a aussi travaillé sur la BO d’Hoselupf, documentaire sur la lutte suisse. Sur ce morceau, il pousse la suissitude à son paroxysme et pose sa voix sur une instru à base de ce qui semble bien être du cor des alpes.
Cette semaine est sorti son nouvel album, Moderator. 15 titres sur lesquels il s’oriente cette fois vers quelque chose de souvent plus pop ou electro, parfois presque dansant. Avec succès, puisque le résultat est efficace et plein d’énergie. Knackeboul, alias David Kohler au civil, est déjà plutôt connu en Suisse allemande. Personnalité de radio et de télévision, beatboxer, DJ electro, humoriste, il est hyper actif et a déjà tout fait pour se faire largement remarquer. De ce côté-ci de la Sarine, évidemment, c’est un parfait inconnu. Ce n’est pas la chronique de ce soir qui changera tout, puisque je crois être quasiment le premier francophone à m’attarder sur sa musique, mais si vos oreilles sont prêtes pour le hip hop en Mundart, Knackeboul est un bon point de départ.
Bien sûr, pour les concerts, il faudra traverser le Röstigraben. Mais vous avez toujours possibilité de vous procurer l’album Moderator, dont est issu le single Pixelparty dont vous trouverez la vidéo ci-dessous. Et vive les knackis.







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