Critique de concert – Mirel Wagner – Festival Antigel

05 fév 2012    

jouait seule mercredi 1 février aux halles de la fonderie dans le cadre du festival . La jeune finno-ethiopienne de 24 ans, plongée dans le noir, a livré un live d’une beauté rare. Seule les cordes pincées de la guitare accompagnant la voix grave et profonde, sans fards de l’artiste qu’on peut désormais compter parmi les plus grands espoirs de la et du . est un diamant brut et semble avoir vécu milles vies qu’elle conte dans ses chansons souvent noires et toujours belles.

D’une sobriété inouïe, ce concert touche les spectateurs en plein coeur. Oublié le vent glacial qui souffle dehors et les origines de la chanteuse, nous nous retrouvons grâce à dans le Sud des Etats-Unis, peuplé de croyances lugubres et de légendes exhumées, à se balancer dans un rocking-chair en regardant le temps passer.

«The Road», premier morceau du concert, immerge immédiatement le spectateur dans l’univers de la chanteuse. Les paroles, sombres ( «it’s a hard and a crooked life
when you’re a dead man’s unwedded bride») montre une souffrance inhérente à la musique de . «Red», dépouillé de tout falbalas, ou encore «The Well» prouve que le talent ne se niche pas dans une accumulation d’instruments. Et «Dream», très , transforme en descendante de Muddy Waters ou . Quant à «No Death», le premier single de l’album, il achève de séduire le public.

 

Mirel Wagner - Halles de la Fonderie- © Rebecca Bowring

Mirel Wagner - Halles de la Fonderie- © Rebecca Bowring

Chaque mot est prononcé avec force, et les paroles emplissent peu à peu la salle d’une tristesse absolue. Mais, comme pour redonner espoir aux spectateurs, Mirel Wagner s’applique à annoncer de manière presque enfantine le nom de chaque morceau. Et c’est ce contraste surprenant entre une maturité incroyable et une apparente timidité qui trouble le plus. On croirait voir la réincarnation d’une vieille femme dans le corps de la jeune musicienne. L’apparition touche à la grâce, on ne voit que le visage et les mains de l’artiste, mais c’est surtout la musique et cette voix chaude, mélancolique et dénuée de tout artifice qui montre le talent incroyable de Mirel Wagner. , le programmateur musical du festival, ne s’est pas trompé dans son choix de faire venir la finno-ethiopienne. Au moment de l’annoncer, on pouvait d’ailleurs sentir l’émotion et la joie contenue d’avoir découvert et programmé une telle artiste. Et malgré un concert trop court -une petite heure- le public ressort abasourdi par cette parenthèse extraordinaire.

Son premier album, sortit fin 2011, a déjà séduit les critiques. Mais c’est sur scène que ses chansons prennent véritablement vie. Et si l’on en croit le public venu en masse et applaudissant pendant de longues minutes la fin du concert, Mirel Wagner a largement conquis le public genevois d’.

 

 

Wagner – No Death

Antigel, Critiques de concerts, Festivals

A propos de l'auteur:

Étudiante en sociologie et journaliste, je m'occupe de la chronique "Odyssée de l'industrie musicale". Retrouvez-moi sur http://undergroundsnotes.wordpress.com/

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One Response to “Critique de concert – Mirel Wagner – Festival Antigel”

  1. La grâce de Mirel Wagner. | Notes From The Underground says:

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