Les Mémoires d’un Technicien : Chapitre 1

13 juin 2012    

Soirée SBH Palladium 19.05.2012

 

Je futs accueilli en arrivant dans la salle par deux demoiselles occupées à rédiger des panneaux pour le bar. Elles s’extasient sur le fait que je sois à l’heure… ça promet.

La sono arriva peu de temps après mais pas les six bénévoles qu’on m’avait promis pour aider à décharger. Heureusement, il n’y a pas beaucoup de matériel. En moins d’une demi-heure, la façade est montée et câblée. J’avais oublié à quel point l’acoustique du Palladium est mauvaise. Je ne passe donc pas moins d’une heure à régler correctement le son afin d’avoir quelque chose de correct pour la soirée annoncée.

L’équipe lumière s’intalle (j’ai d’ailleur l’agréable surpise de retrouver un pote derrière la console) pendant que j’effectue les soundchecks. Aucun problème à signaler, tout est prêt pour une soirée de folie sur le thème « baroque ». J’apprend que les « soirée bien habillé » ont été lancées par un étudiant du collège Rousseau dans les années 80 et qu’elles sont normalement réservées aux élèves dudit collège. Mais vu que 2012 est le tricentenaire du Monsieur, l’entrée est étendue aux amis des étudiants. Pas de vente de billets sur place, tout est sur prélocations.

Cela fait depuis le mois de février que les organisateurs, une petite dizaine d’étudiants en dernière année,  préparent l’événement. Ils ont recrutés une trentaine de bénévoles pour les aider dans leur tâche ainsi que quatre dj’s parmi leurs amis ayant la lourde responsabilité de mettre le feu toute la soirée durant.

Ce n’est pas la motivation qui leur manque. Certain d’entre eux ont déjà participé à l’organisation d’évenement tels que l’Electron ou, à plus petite échelle, la fête des matus de leur collège.

 

Les soundcheck se terminent, il est leur d’aller manger… dehors. Avec plus de 1000 prélocations vendues, quelques sandwichs ne rentraient pas dans le budget de la soirée. Impensable ? Pas lorsqu’on a le point de vue de cette organisatrice s’adressant aux dj’s : « On vous donne l’occasion de jouer devant plus de mille personnes… c’est vous qui devriez nous payer ! »

Je metterai cette naïveté sur le compte de l’inexpérience…

 

Après un délicieux bœuf aigre-doux venant du restaurant chinois du coin, j’effectue les derniers réglages. Les portes s’ouvrent dans un fraca faisant résonner tout le Palladium… un des côté de la façade viens de s’écraser sur le sol à cause des vibrations. J’entend encore l’employé ayant livré et installé le matériel : « T’inquiète pas, j’ai déjà fait cette configuration des dizaines de fois, rien n’est jamais tombé. »

Je m’empresse de remonter tout le matériel et de l’assurer à ma manière afin d’éviter un nouvel accident.

Les gens commencent à rentrer, tous bien habillé à l’idée des organisateurs : costume pour les garçons, robe de soirée pour les filles.

 

Les dj’s set s’ouvrent avec N-Bass (Nathan de son prénom) et ses deux comparses « Chinoir » ( ??) et « Albanègre » ( ????). Tout droit sortis de leur salle de fitness, le débardeur relevé pour que l’on voit bien leur bicepses, nos dj’s en herbe mix la musique que l’on pourait écouter sur One-FM à la même heure. J’ai d’ailleur du mal à me retenir de sourir lorsque je baisse le volume général proportionnellement à l’augmentation qu’ils font afin de rester dans la norme. Pourtant cela fait deux ans que Nathan est derière ses platines. Il mix pour le plaisir, se satisfaisant d’un public s’éclatant à fond sur sa musique tout droit sortie des charts. Mais cela n’empêche pas qu’il ambitionne de devenir dj professionnel. « Grave ! Quand t’es dj tu te fais trop de fric » me dit-il… c’est bien d’avoir des rêves.

 

S’en suit le son dancehall de GC Sound. Représenté par un seul de ses membres, ce collectif réunissant des amis passionés par le soundsystem offre un son multiculturel véhiculant un message de paix et d’amitié. C’est pour transmettre ce message et par solidarité envers ses amis roussoïstes que Lyo est derière les platines ce soir. Il réussi parfaitement à faire monter l’ambiance jusqu’à un degré de chaleur élevé au sens propre comme au figuré (c’est à peu près à ce moment que j’ai déclaré forfait et enlevé mon T-Shirt) malgré le jeune homme ivre qui était sur scène et n’arrétait pas de débrancher le côté droit de la façade. Un grand son digne de ses pairs Postman, Lion Youth et Cie, vous pourez retrouver le collectif au Carlton Club dans le courant du mois de juin et sur la scène Bastion Crypte lors des fêtes de la musique de Genève, à moins que vous ne fassiez un passage dans le studio de production qu’ils sont en train de monter.

 

On passe alors aux choses sérieuses avec Dirty Mad Sound. Cet ancien musicien fou de musique électroniques tels que la drum’n’bass, la dubstep et le breakbeat commence très fort et enchaînes les titres qui cognent. Selon lui, lorsque ça cogne, ça groove et la théorie marche à fond les faders. Le public est à son apothéose. Ça crie, ça saute, ça deviens fou. Le rythme ne ralenti pas une seule seconde. Youri faisant un point d’honneur à ce que son public apprécie autant que lui la session, il a même ramené un Mc de ses amis mettant une ambiance de folie. Pourtant le Palladium n’est pas plein. Etonné et accessoirement mort de chaud, je décide d’aller faire un tour dehors et là je compris… enfin quand je dis « comprendre » c’est une façon de parler. Ce n’est pas moins d’une heure de file d’attente qui sépare les derniers arrivants de l’entrée avec une sécurité ne laissant passer personne. La logique m’échappe un peu mais bon… Mention spéciale aux personnes arrivant en grandes pompes, sortant tels des princes de leur limousine blanche pour aller sagement faire une heure de queue.

Vous pourrez attiser le feu de Dirty Mad Sound au Witamix le 23 juin et à la place de l’Europe de Lausanne le 30 juin.

 

La soirée se cloture par Big Noisy Bastard. Tout jeune dans le monde du djing électro, ce trio composé de Clément (le grand), Pilet (le bruyant) et Roman (le batard) a un grand avenir devant eux. Apréciant particulièrment le côté violent de la drum’n’bass et les lourdes basses de la dubstep, ils ont parfaitement su tenir éveillé le public dansant jusqu’à son dernier souffle. Ils étaient venu pour mettre le feu et y sont arrivés de mains de maître, enchainant des titres à s’en faire remuer les tripes. Mais BNB c’est aussi un show visuel. Pas moins de huit danseurs tout droit sortit d’une boîte disco (ne me demandez pas pourquoi) sont venu exécuter plusieurs corégraphies sous l’oeil attentif d’un pillier de bar, véritable décor vivant du trio. Une ambiance « Disco Inferno » électronique ne laissant pas indifférent.

Si vous désirez entendre le son matraquant ainsi que les productions des comparses, rendez-vous le 21 juin au collège de Chavane.

 

La fin de la soirée se passe bien malgré les mécontentements. Eh oui, des mécontents il y en a. Selon les commentaire Facebook, la majorité des personnes auraient préféré plus de comercial et moins de dubstep. D’autres ont été frustrés de ne pas pouvoir rentrer alors qu’il avaient payés leur prélocations. Évidemment, aucun remboursement n’est possible. Un organisateur s’exprime sur Facebook : « Ils ne veulent pas qu’on leur paye le taxi non plus ? ».

Une des principale organisatrice s’exprime également : « La musique a été prévue pour plaire à tout le monde : All style, reggae/dancehall, électro, dubstep, il y en avait pour tous les goûts. (…)
Ca fait plus d’une semaine qu’on écrit sur ce mur et qu’on vous dit (pour ceux qui sont à Rousseau) de prendre impérativement la carte d’identité pour pouvoir rentrer. (…) Le problème c’est que quand il y a du monde, les sécuritas sont obligés de vous demander des documents officiels. Alors si vous n’avez pas été capable de vous ramener avec votre carte, ce n’est pas notre faute. Ne nous blâmez pas. 
Pour ceux qui ont trouvé surprenant de faire la queue aussi longtemps, c’est surement parce que vous n’avez jamais été à une soirée de 1250 personnes… (…) ».

Il n’est en effet pas très malin de penser qu’une carte d’élève peut remplacer un document officiel. Pour ce qui est de la durée de file d’attente, par contre, je tiens à dire que je n’ai jamais fait plus de 15mn de queue dans des festivals à plus de 30’000 personnes… mais j’ai sans doute eu de la chance.

 

Mis à part ces quelques couac, on peut dire que la soirée est une réussite. Force de cette expérience, les organisateurs ont l’ambition de monter à nouveau une telle soirée voir plus grande qui n’en sera que plus réussie, j’en suis sûr.

La note finale est pour l’une des organisatrice qui commente sur Facebook : « Preuve que la soirée était réussie, Tilate était là pour prendre des photos »… c’est beau la jeunesse.

Critiques, Critiques de concerts

A propos de l'auteur:

L'auteur n'a pas encore configuré son profil

Commentaires Facebook:

No Responses to “Les Mémoires d’un Technicien : Chapitre 1”

Leave a Reply


Warning: Unknown: open(/home/www/a167fa605b0d6dbe15f34f923929d408/tmp/sess_2a226010c59f792b7621edefdcd3c6c8, O_RDWR) failed: Disk quota exceeded (122) in Unknown on line 0

Warning: Unknown: Failed to write session data (files). Please verify that the current setting of session.save_path is correct (/home/www/a167fa605b0d6dbe15f34f923929d408/tmp) in Unknown on line 0